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La Clef des champs, les sociétés musicales du Haut-Doubs [...]

Créé le mardi 14 février 2017 Mis à jour le mardi 14 février 2017 Publié le mardi 14 février 2017

La Clef des champs, les sociétés musicales du Haut-Doubs horloger au XIXe siècle

Vincent Petit

— Si la Bretagne scelle l’alliance du rocher et de la mer, dominée par ces églises et calvaires, sombres comme la nuée, au détour de ces chemins creux où l’on devine, précédés des bannières, marins et femmes à haute coiffe, le Haut-Doubs, terre de Bise, de foi et de tradition, voire de contre-révolution, de patriotisme et de sociabilité, a exprimé son âme dans une institution qui témoigne pour la civilisation : les musiques de village.

Fanfares et harmonies, ces musiques prennent leur élan après 1830, dans l’euphorie de la monarchie citoyenne. Expression d’une foi militante, relayée par ses prêtres, les musiques de village sont d’abord là pour accompagner et célébrer les cérémonies du culte catholique. Mais leur rôle social va au-delà : elles sont aussi une manifestation de patriotisme quand elles escortent la Garde Nationale, après 1830, ou entretiennent le sentiment national, après 1870. Ne cultivent-elles pas un étonnant formalisme militaire : uniformes, défilés, stricte discipline ?

Vincent PETIT invite à une promenade dans le temps, rythmée par les fanfares et harmonies du Plateau, caisses de résonance des événements et tumultes de la vie nationale : en 1848, la musique précède les électeurs qui se rendent en cortège au chef-lieu de canton. Sous le Second Empire, l’autorité du clergé règne sans partage. Après 1870, la conquête républicaine fait voler en éclats l’unité des sociétés musicales. Les horlogers sont à gauche, les paysans à droite. Les prêtres fustigent les premiers pour mieux maintenir les seconds dans la tradition des solennités religieuses. La fête de village, assimilée au paganisme, reste interdite aux musiciens. Les rives du Doubs franco-suisse et leurs guinguettes sont un autre monde, terre d’élection des pêcheurs, promeneurs, ouvriers horlogers chaux-de-fonniers et de la Bise, après les radicaux neuchâtelois.

La Clef des champs, c’est bien sûr un exercice méthodique d’investigation historique, mais c’est surtout une invitation à la rêverie bercée par les orphéons, sur ce bout de territoire des confins de la République, observé par Vincent PETIT, avec un regard complice. C’est son pays...

A lire en particulier la préface de Maurice Agulhon, professeur au Collège de France. —

 

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    Regards sur le Haut-Doubs, Collection "Terroir", 1998

    115 pages

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