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11 novembre 2018, la création pour commémorer

Créé le dimanche 3 mars 2019 Mis à jour le dimanche 17 mars 2019 Publié le dimanche 3 mars 2019 Écrit par Maxime AULIO

La commémoration du centenaire de l'Armistice du 11 novembre 1918, a été l'occasion pour certains de nos orchestres d'harmonie français de commander de nouvelles œuvres.

L'événement a ainsi inspiré les compositeurs Karol Beffa, Nicolas Jarrige, Benoît Dantin, Matthieu Burgard, Bruno Regnier et Maxime Aulio.

Retour sur ces 6 créations qui célèbrent la fin de "la Der des Ders".

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L’Orchestre d’Harmonie de Joué-lès-Tours a voulu rendre hommage aux héros de la 1ère Guerre Mondiale en proposant « Ode pour la Paix ».

Ce spectacle musical et cinématographique, donné le 17 novembre à l'Espace André Malraux de la ville, a mêlé des pièces orchestrales et vocales classiques, des chansons d’époque arrangées pour grand chœur, ainsi que des extraits choisis de lettres de « Poilus » ; le passé a rejoint le présent par le biais de deux créations : l’une pour chœur et l’autre en format ciné-concert, en sous-titrage du film « J’accuse » d’Abel Gance. Cette dernière est la création pour orchestre d'harmonie de Bruno Regnier. L'œuvre fut présentée en avant-première le 11 novembre, lors d'un concert en commun avec l'Harmonie Municipale de Vendôme, au Théâtre du Minotaure à Vendôme.

"L’Orchestre d’harmonie a ensuite fait monter en intensité cette émotion palpable, avec le ciné-concert Ode pour la paix. Pendant le déroulement du film muet d’Abel Gance, « J’accuse », les musiciens, sous la direction de Thierry Teuillon, ont joué la création musicale de Bruno Régnier. Ce dernier avait déjà composé pour l’orchestre d’harmonie dont il gardait un excellent souvenir : « J’ai écrit la musique afin d’éclairer ce magnifique film en noir et blanc de toute la palette des couleurs de l’orchestre. Les musiciens se prêtent à ce jeu de dialogue avec l’image dans des styles très contrastés. »
La puissance de la musique, tout au long de la soirée, a parfaitement su retranscrire gravité, violence, enthousiasme, horreur, apaisement, espoir et tous les qualificatifs de cette guerre. Superbe hommage aux sacrifiés."

— La Nouvelle République, 20/11/2018

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Bruno Regnier et Thierry Theuillon


Orchestre d’Harmonie de Joué-lès-Tours
Direction musicale : Thierry Theuillon et Julien Grangeponte
Création de Bruno Regnier

 

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Affiche Concert Humanity 

L'Harmonie Municipale d'Ammerschwihr, dirigée par Julie Girardin, a quant à elle proposé la création de "Humanity", partition composée par Nicolas Jarrige, compositeur et chef alsacien, ayant débuté sa formation musicale à Guebwiller - où se trouve l'immanquable CDMC - et conduisant les harmonies de St-Amarin, Sierentz et Sausheim (Haut-Rhin).

La partition en quatre mouvements est ponctuée de très beaux textes, entre les mouvements, de l'Ode pour la Paix de Jean de La Fontaine, à des extraits du Journal de Guerre du docteur Marcel Poisot (manuscrit retrouvé en 1986). Elle présente "l'histoire de la vie des hommes qui, après avoir contemplé la beauté de la Terre, s'interrogent sur les malheurs engendrés par la guerre, et se termine par une ode à la paix."

Première page de la partition (cliquez pour agrandir) :

HUMANITY

 

Harmonie Municipale d'Ammerschwihr
Direction musicale : Julie Girardin
Création de Nicolas Jarrige

 

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Julie Girardin et Nicolas Jarrige

 

 

 

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 Visage Paix

 

Lyon Metropole Orchestra (et son jeune chef recruté récemment Yoann Combemorel) a présenté un programme riche et original à son tour, les 24 et 25 novembre, incluant la création de Matthieu Burgard, "La Visage de la Paix", avec chœurs et voix de baryton. Le compositeur, pianiste de formation ayant étudié l'écriture au CNSM de Lyon, explique sa pièce ainsi :

« L'œuvre est construite autour d'un choix de poèmes de Guillaume Apollinaire, extraits de Calligrammes (1918) et de Paul Éluard, extraits de Le Visage de la paix (1951) et Poésie ininterrompue (1946). La première étape de création fut d'organiser les poèmes entre eux, en entremêlant ceux d'Apollinaire, évocations de la guerre, à ceux d'Éluard qui évoquent une quête de la paix. J'ai choisi les extraits de Calligrammes de façon à créer une chronologie imaginaire, celle de la vie d'un soldat depuis l'appel sous les drapeaux (La grâce exilée) jusqu'à sa mort au combat (L’adieu du cavalier). Les poèmes d’Éluard ponctuent ceux d'Apollinaire, tantôt par l'intervention du récitant-basse, tantôt par le chœur. Par leur message de paix, plus abstrait mais toujours clairvoyant, ils apportent à chaque fois un peu plus d'espoir, avec un certain recul, et tissent progressivement un autre fil conducteur dans l’œuvre. Le dernier poème d'Éluard exprime à nouveau l'espoir de paix et de confiance. Apollinaire rejoint alors Éluard avec ce message (Liens, Calligrammes, Ondes de Guillaume Apollinaire) qui jalonne toute l'œuvre: « Nous ne sommes que deux ou trois hommes Libres de tous liens Donnons-nous la main »

"Le Visage de la Paix" était une commande du Chœur des Marais de Villefranche-sur-Saône dirigé par Jacques Berthelon, et d'Ubi Cantus Chœur de Saint-Etienne dirigé par Florent Mayet. Elle fut déjà créée le 3 mars 2018 à Saint-Étienne par le Wind Symphonic Orchestra sous la direction d’Yves Cayrol, avec le Chœur des Marais, Ubi Cantus et Jacques Berthelon, récitant-basse.

Lyon Metropole Orchestra a repris l'œuvre dans le même cadre des commémorations du centenaire 14-18, accompagné des mêmes chœurs, ainsi que du baryton Alexandre Chaffanjon.

 

Lyon Metropole Orchestra, Chœur Blok'Notes, Ubi Cantus et le Chœur des Marais, Alexandre Chaffanjon (baryton)
Direction musicale : Yoann Combemorel
Création de Matthieu Burgard

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Lyon Metropole Orchestra

 

 

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2018 11 11 Orchestre d'harmonie 2018 11

 

L'Orchestre d'Harmonie de la Ville de Nevers a commandé à Maxime Aulio "Et si ce n'était qu'un rêve...", avec chœur d'enfants, soprano et récitant.

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 L'œuvre, dont la partition est disponible dans la bibliothèque des compositeurs membres de l'AFEEV, a été très bien décrite par le Journal du Centre (9/11/2018) :

"On ne se lance pas dans le sillon des valeureux poilus de 14-18 sans avoir cherché à comprendre leur enfer. Maxime Aulio s'est donc immergé dans ce chapitre de l'histoire de France. Il s'est imprégné des mots de Jean Jaurès, ceux du discours prononcé le 25 juillet 1914, à Lyon, cinq jours avant d'être assassiné à Paris : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! », avait tonné l'orateur, parlementaire socialiste. Pour le jeune compositeur, les mots de Jaurès ce jour-là, ont été « le premier choc avant la guerre ».

Maxime Aulio ne s'est pas limité à cette tribune. Il s'est plongé dans des livres évoquant 14-18, a compulsé des archives « chargées d’émotion », lu des courriers de poilus et de leurs familles. Il avoue : « Ces lettres m’on fait pleurer. C’est vraiment prenant ! »

Un son a pris Maxime Aulio « aux tripes », celui du tocsin annonçant la déclaration de guerre. En visionnant des documents dans lequel sonne le maudit « braillard », il dit avoir eu cette impression « que la vie s'arrête ». Incontournable cloche dans cette période troublée. À tel point que le compositeur en a fait l'alpha et l'oméga de son œuvre. Le tocsin sonne en effet l'ouverture et la note finale de la fresque, comme si Maxime Aulio voulait sortir l'auditoire de la torpeur. Comme pour le faire revenir à la réalité et laisser planer le doute.

Cette guerre, ces horreurs... Et si ce n'était qu'un rêve ? Un mauvais rêve. On pourrait s'étonner de cette question, de ce détachement par rapport à la réalité, de ce « regard lointain », selon les propres mots du compositeur. Mais il ne cherche pas à réécrire l'histoire. Il offre en fait deux options : se placer dans la tête des jeunes générations qui n'ont pas connu les poilus ou dans celle d'un soldat de cette guerre se demandant « s’il n’est pas en train de rêver ».

Un rêve ? Non ! La réalité reprend vite le dessus lorsque le compositeur livre un passage de son oeuvre : « On se retrouve plongé au fond des cratères d’obus, projeté dans cette ambiance par les cuivres de l’orchestre... »

Point de rêve, mais un vrai cauchemar. L'enfer sur terre pour ces soldats des tranchées. Pour mettre en musique leur terrible quotidien, Maxime Aulio a respecté la règle qui lui sert, depuis longtemps, de ligne directrice : ne jamais composer sur ordinateur. Tout est écrit à la main, comme pour se rapprocher de ces hommes qui, dans les tranchées et les cratères, crayonnaient des mots, des croquis, autant de précieux témoignages des jours et des nuits de combats. Lui, il en a fait des notes. Des noires, des blanches. Et un do mineur volontairement omniprésent pour donner « un caractère sombre » à la fresque en apportant un contraste à sa teinte « aérienne et onirique » imprimée par l'auteur.

Ce sera sans doute l'un des plus puissants, poignants moments de ce centenaire de l'armistice à Nevers."

 

 

Orchestre d'Harmonie de la Ville de Nevers, classes de formation musicale et leurs professeurs du Conservatoire de Nevers, Lamia Beuque (mezzo-soprano), Philippe Dufour (récitant)
Direction musicale : Bruno Boutet
Création de Maxime Aulio

 

Quelques extraits :

 

 

 

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 Programme 5

 

La communauté de communes de la Vallée de l'Hérault a souhaité réunir les musiciens de différentes écoles de musique du département. Plus de 250 musiciens pour interpréter la "Symphonie Funèbre et Triomphale" de Berlioz, ainsi que la création "Mémorial" de Karol Beffa, sous la baguette de Jordan Gudefin.

Pour apprécier le projet, voici un petit reportage :

 

 

Karol Beffa explique par ailleurs : «Pour contraster avec la Symphonie funèbre et triomphale, Mémorial met en avant la dimension pacifique de cette commémoration. C’est pourquoi le premier mouvement s’ouvre et se referme sur des climats très contemplatifs que viennent traverser une succession de chorals, tantôt fantomatiques, tantôt majestueux. Le deuxième mouvement est lui fortement pulsé, d’une énergie communicative. On peut y lire l’idée qu’après la guerre, la vie continue». 

Première page de la partition :

SCORE MEMORIAL LOUIS

L'œuvre est publiée aux éditions Hafabra Music, CD à paraître en mai 2019 (enregistré par la Musique des Gardiens de la Paix, dir. Gildas Harnois).

 

Rassemblement de musiciens des écoles de musique de l'Hérault
Direction musicale : Jordan Gudefin
Création de Karol Beffa 

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com 1 

Enfin, l'Harmonie d'Heyrieux, en Isère, dirigée par Florent Bonnetain, a proposé "La Grande Marseillaise", un projet participatif, durant lequel une nouvelle œuvre de Benoît Dantin (lauréat au dernier concours international de composition Coups de Vents 2018) fut créée.

"Tranchées-Palace" - oxymore utilisé par un soldat pour décrire son quotidien - met en scène des musiques populaires, des écritures contemporaines, des textes extraits de lettres de poilus. Les 350 interprètes ont donné naissance à cette pièce magistrale avec engagement et une grande musicalité. Parmi les récitants, Daniel Angonin, le maire d’Heyrieux, qui a symboliquement lu les mots du télégramme du Ministère de l’Intérieur annonçant la fin de la guerre avant que ne retentisse l’Hymne à la joie de Beethoven chanté par le grand chœur et par le public. La pièce se présente alors comme un tableau de la guerre, du coup de tonnerre que fût l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand à Sarajevo en 1914 jusqu’aux espoirs de paix durable qu’a représentée la signature de l’Armistice le 11 novembre 1918.

L’œuvre fait appel à des mélodies connues comme La Madelon et l’Hymne à la joie de Beethoven, symbole de l’universalité et de l’idéal européen. Mais elle utilise aussi des techniques d’écriture plus contemporaines comme le jeu aléatoire, les rythmes irréguliers ou les clusters. La voix est très présente à travers la lecture d’extraits de lettres de poilus – cinq récitants sont nécessaires – et la participation d’un chœur gigantesque composé d’habitants d'Heyrieux et alentours.

"Tranchées-Palace" déborde tous les cadres. Celui de l’histoire : en commémorant la guerre, la musique renvoie à notre actualité. Celui de l’esthétique : aux mélodies classiques et populaires se superposent des univers proches de ceux de Stravinski, de Debussy, mais aussi ceux plus contemporains de la musique atonale ou aléatoire, toujours au service de l’évocation d’un monde réel. Celui enfin de la forme : l’orchestre et le chœur se fondent en un ensemble unique, jusqu’au public qui participe à la réalisation musicale. À travers cette fusion des espaces, du temps, des fonctions, Tranchées-Palace se révèle comme une œuvre englobante et généreuse.

 

concert de la paix

marseillaise

 

Harmonie d'Heyrieux, chœur des habitants de la ville et récitants
Direction musicale : Florent Bonnetain
Création de Benoît Bantin 

 

 

 

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