In Memoriam
Guy LUYPAERTS

Francis PIETERS, Membre d’honneur de l’AFEEV nous fait part de son « In Memoriam »
dédié au Compositeur français Guy LUYPAERTS récemment disparu.

The Paris born composer Guy Luypaerts passed away on September 19, 2015 a few days before his 98th birthday.

He will be remembered as one of the great French composers of light symphonic music, however we should not forget that he has also composed an important and very interesting repertoire for wind bands, both symphonic band and the French batterie-fanfare, a type of advanced drum and bugle corps.

Luypaerts was born at Montmartre in Paris on September 29, 1917 and his (Belgian) father incited him very early to learn music. Guy Luypaerts learned to play the accordion before he started the study of the piano as an autodidact.

While playing in cabarets and clubs of the French capital, he discovered jazz music and was to accompany several outstanding American musicians including Bill Coleman.

At the age of twenty he joined the French Air Force Band. During the Second World War he became first arranger and then the accompanist of the famous French singer Charles Trenet with whom he conducted numerous recording sessions.

He started composing his own songs and was soon noticed because of his quite original way of orchestrating.

Numerous French stars including Lucienne Boyer, Yves Montand, Georges Guétary and Tino Rossi soon called on Luypaerts who also collaborated very closely with Edith Piaf. It was he who orchestrated and conducted La Vie en Rose for Piaf. Luypaerts song Pigalle, composed with singer George Ulmer in 1946 became a world hit.

In the fifties Luypaerts went to the United States where he was invited to orchestrate and conduct for the Capitol label; he was personally congratulated by Cole Porter! Back in France Luypaerts got a multitude of commissions and he was awards numerous French and foreign composition prizes.

In 1969 composer Georges Auric presented Guy Luypaerts with the first “Light Symphonic Music Award” of the SACEM (French society of authors, composers and publishers). In the sixties the drum-major of the French Air Force Band, Robert Goute, turned Luypaerts’s attention to the Batterie-Fanfare, a popular French wind band phenomenon that lacked up-to-date repertoire.

The composer started writing a new modern repertoire for this type of wind band. His music was recorded by the Batterie-Fanfare of the Musique de l’Air de Paris and soon became extremely popular.

In the meantime he wrote some fifty innovating pieces. As the large light music symphony orchestras gradually disappeared, Guy Luypaerts turned to the symphonic band which continued to defend and play that kind of light repertoire. He composed a series of wind band compositions, including the suites Evergreen, En Souvenir de… and Étoile de la Mer, Mare Nostrum, Concertino for Trombone and Band, Fantaisie Concertante for alto saxophone ad Band, several solo works and a lot of marches.

His compositions were recorded by numerous French military and civilian bands, as well as by the Belgian Air Force Band.

We can finally only mention that composer and conductor Guy Luypaerts was an extremely sympathetic man as I experienced when helping to promote his music.

— Francis Pieters.

Le compositeur parisien Guy Luypaerts nous a quittés le 19 septembre 2015 quelques jours avant son 98ème anniversaire.

On se souviendra de lui comme l’un des tout grands compositeurs français de musique symphonique légère, toutefois n’oublions pas qu’il a également composé un répertoire important et fort intéressant pour les orchestres d’harmonie et surtout pour les batteries fanfares.

Né à Montmartre à Paris le 29 septembre 1917 d’un père belge qui l’incite dès son plus jeune âge à s’initier à la musique, Guy Luypaerts apprend l’accordéon avant d’étudier le piano en autodidacte.

Il découvre la musique de jazz et la musique légère « sur le tas » en jouant dans des cabarets de la capitale. Il accompagne plusieurs jazzmen dont Bill Coleman.

Lorsqu’il a vingt ans il rejoint la Musique de l’Air. En 1940 il forme l’orchestre du music-hall Plaza à Toulon et rencontre d’abord Jo Bouillon dont il devient l’arrangeur, puis Charles Trenet dont il devient le pianiste attitré et pour qui il dirige de nombreuses séances d’enregistrements.

Deux ans plus tard, il revient à Paris et forme un quintette qui interprète ses compositions. À cette époque il compose ses premières chansons et se fait remarquer par sa façon originale d’orchestrer.

Bientôt plusieurs grands artistes, dont Lucienne Boyer, Yves Montand, Georges Guétary et Tino Rossi font appel à Guy Luypaerts.

En 1946 il compose la musique du film ‘Étoile sans Lumière’ avec en vedette Édith Piaf et le premier rôle au cinéma d’Yves Montand. Cette même année Luypaerts signe avec Georges Ulmer le tout grand succès Pigalle et en janvier 1947 il orchestre et dirige l’accompagnement de La Vie en Rose d’Édith Piaf.

Il écrit et dirige de nombreuses orchestrations entre autres pour la firme américaine Capitol aux États-Unis et devient incontestablement un prince de la musique symphonique légère, ce qui est récompensé par le tout premier Prix de la Musique Symphonique Légère de la SACEM que lui remet Georges Auric en 1969. Notons au passage les félicitations personnelles de Cole Porter !

Luypaerts est également régulièrement invité à diriger ses arrangements et ses compositions à l’étranger ce qui lui vaut une réputation internationale et de nombreux prix.

Dans les années soixante Robert Goute, tambour-major de la Musique de l’Air de Paris, parvient à intéresser Guy Luypaerts à la batterie-fanfare et le compositeur se met à écrire un nouveau répertoire tout-à-fait original pour ce genre de formation.

Grâce aux enregistrements de la Batterie-Fanfare de l’Air ce répertoire innovateur connaît un grand succès; il suffit de citer l’excellent et populaire Taptoe Majorettes. Lentement, mais hélas sûrement, les orchestres symphoniques de musique légère disparaissent, mais Guy Luypaerts découvre l’orchestre d’harmonie qui défend toujours ce genre de répertoire.

Il écrit la suite pour orchestre d’harmonie Evergreen, une commande du Ministère des Affaires Culturelles, dans laquelle il utilise des thèmes de ses chansons inspirées par l’Irlande (toujours verdoyante). Pierre Bigot l’enregistre en 1977 avec la Musique de la Police Nationale, tout comme Un bon petit diable, œuvre primée en 1979 par la CMF et En Souvenir de…, une suite comprenant quatre anciens succès de Luypaerts dont ‘Libellule’ et ‘Métamorphose’.

En 1984 Guy Luypaerts est lauréat du 10ème concours de l’Union Européenne de Radiodiffusion de Compositions Nouvelles pour Orchestres à Vents à Oslo, Norvège, avec une œuvre intitulée L’Union fait la Force. D’autres pièces dont Mare Nostrum, Exotica, Cascade et  Light Music seront enregistrées pour les Éditions Robert Martin par la Musique Royale de la Force Aérienne Belge en 1998.

En 2010 la Musique de la Police Nationale enregistre la suite Étoile de la Mer et des œuvres pour harmonie avec soliste pour saxophone, pour trompette et pour trombone.

Il écrit également quelques pièces pour orchestre d’harmonie et flûte qui mettent son fils, l’excellent flûtiste Guy-Claude Luypaerts en évidence.

Terminons par souligner le caractère sympathique et la simplicité de Guy Luypaerts que soussigné a apprécié lorsqu’il l’a rencontré dans le cadre de la promotion de ses compositions en Belgique. Il restera avec nous grâce à ses belles compositions. »

— Francis Pieters.