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Burn the Witch – Fabien WAKSMAN

Burn the Witch – Fabien WAKSMAN

Burn the Witch – Fabien WAKSMAN

BURN THE WITCH FABIEN WAKSMAN

Burn the Witch – Fabien WAKSMAN

Lauréat d’une Victoire de la Musique en 2023, Fabien WAKSMAN (né en 1980) est l’un des compositeurs majeurs de sa génération.

À la croisée de Stravinsky, Debussy et du Heavy Metal, il développe un monde sonore fondé sur la puissance viscérale de l’énergie rythmique et du lyrisme mélodique. La vitalité singulière de sa musique trouve sa source dans les arts visuels, la science-fiction, les phénomènes astrophysiques et, plus récemment, les dérives technologiques de la société contemporaine.

Sa musique est régulièrement jouée en Europe, aux États-Unis et au Japon par des orchestres et solistes de premier plan.

Passionné de cosmologie, Fabien WAKSMAN travaille en binôme avec l’astrophysicien Jean-Philippe UZAN, avec lequel il a conçu de nombreuses œuvres mêlant sciences et arts.

Partenaire du projet Sanctuary on the Moon, Fabien WAKSMAN a eu l’honneur de voir ses œuvres sélectionnées pour être gravées sur des disques de saphir qui seront envoyés sur la Lune lors de la prochaine mission Artemis de la NASA.

Les œuvres de Fabien Waksman sont publiées aux éditions Billaudot.

Fabien Waksman est professeur d’Harmonie au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

Portrait de Fabien WAKSMAN
Fabien WAKSMAN

Une approche de l’œuvre par celui qui en a fait la création

Fabien WAKSMAN décrit Burn the Witch de façon éloquente et engagée en s’appuyant sur un ouvrage évoquant l’histoire de la lutte des femmes dans l’histoire. Leur engagement et même leur révolte leur a valu de devenir la cible des ayatollahs de l’ordre établi à la perspective immuable d’un certain ordre social.

« Ces sorcières pourraient pervertir la population. Il faut qu’elles disparaissent. »

En s’appuyant sur des thèmes célèbres issus de l’opéra où nombre d’héroïnes sont malmenées (Carmen, Madame Butterfly, Norma, Salomé, Tosca…), Fabien Waksman construit une œuvre flamboyante et inspirante irriguée par ces mélodies plus ou moins (complètement !) déstructurées mais toujours omniprésentes de la première à la dernière note, comme pour soutenir le combat de chacune d’entre elles.

Les caractéristiques de la musique du compositeur (Le Rêve de Tzinacan, L’île-du-Temps, A Dream for Artemis…) sont ici réunies et même transcendées par l’écriture orchestrale puisqu’il s’agit de sa première œuvre pour orchestre d’harmonie.

Richesse harmonique, couleurs et textures orchestrales, puissance rythmique emmènent l’auditeur dans un tourbillon qui étourdit tout autant que la fidélité et la dignité incommensurables jusqu’à la mort d’une Butterfly, d’une Tosca ou d’une Mélisande.

Ainsi alternent puissants élans orchestraux, passages lyriques et touchants aux délicates harmonies, parties électrisantes à l’énergie rythmique de mesures irrégulières qui amènent à une transe collective au point de faire se lever l’orchestre hurlant avec une rage indescriptible Burn the witch ! (en Français, « Brûlons les sorcières »)

Un final à la fois spatial et céleste se détache du tréfonds du chant des basses et crée un mouvement tel qu’il nous rapproche des âmes… de Brünnhilde, Violetta, Didon…

La science de Fabien Waksman fait mouche avec l’orchestre à vent qui est le porte-voix, on ne peut mieux, du souffle et de la puissance de la révolte pour la liberté de ses combattantes.

Gildas HARNOIS
chef de l’Orchestre d’Harmonie de la Région Centre
chef de la Musique des Gardiens de la paix de Paris

Ce qu’écrit le compositeur au sujet de son œuvre :

Burn the Witch…

Ce titre évoque tout autant une chanson de Radiohead que l’œuvre de Tite KUBO, l’un de mes mangakas préférés. Cependant le véritable sujet de cette pièce s’inspire d’un livre de l’historienne Ludivine BANTIGNY, Nous ne sommes rien, soyons toutes, qui retrace l’histoire des luttes de femmes de la Révolution française à nos jours à la manière d’un ruban constitué de portraits de figures féminines entremêlés.

L’œuvre s’ouvre sur un cri de rage de l’orchestre. Un immense accord dissonant et autoritaire s’élève, telle une barrière infranchissable, un mur d’oppression.

De ce cri initial émerge un monde gris, fait de ruine et de désolation, qui n’est pas sans rappeler l’univers terrifiant de la Servante Écarlate imaginé par Margaret ATWOOD.

Dans ce monde, qui pourrait un jour être le nôtre, la censure règne. L’Opéra, tel qu’on l’a connu jusqu’alors, est désormais interdit. Trop d’héroïnes sulfureuses, trop de femmes qui osent remettre en question l’ordre établi. Ces sorcières pourraient pervertir la population. Il faut qu’elles disparaissent.

De cette brume morne et monochrome semblent alors se matérialiser les spectres de ces héroïnes d’opéra frappées du sceau de la censure. Leurs thèmes emblématiques nous inondent, intemporels, gravés dans notre mémoire. Nous nous rappelons leurs luttes, leurs destins, leurs tragédies.

Elles s’appellent Tosca, Didon, Salomé. Carmen, Brünnhilde, Violetta, Norma, Mélisande, Butterfly.

Elles se tiennent la main, « sœurs dans l’oppression ».

« Formant une chaîne, par-delà le temps, elles se transmettent le flambeau, de génération en génération », jusqu’à parvenir à ce monde gris qu’elles vont tenter de réenchanter.

Ces héroïnes mortes sont « présentes parmi les vivantes. Elles murmurent, elles discutent, elles chantent ».

Elles insufflent les couleurs de la vie à ce monde de censure.

La joie s’amplifie peu à peu, infusant dans l’esprit de la population. Une musique festive et solaire accompagne la renaissance de l’Espoir.

C’est alors que se dresse à nouveau le mur d’oppression initial. Le pouvoir en place réclame la mise à mort de ces héroïnes qui osent défier sa toute-puissance.

« Burn the Witch ! », scande une partie de l’orchestre, tandis que les cuivres font retentir le superbe thème composé par Purcell pour la scène de la mort de Didon. L’hystérie collective enfle, encouragée par les rythmes obsessionnels des percussions, jusqu’à atteindre un paroxysme de violence. Parallèlement retentit aux cuivres le si poignant motif final de Didon suppliante : « Remember me » !

Après un court et saisissant silence, le thème de Didon triomphe, noble et majestueux. La cadence qui marque sa mort dans l’opéra de Purcell est ici plus surprenante : emplies de vitalité, les héroïnes semblent danser joyeusement sur un riff de heavy métal.

Après une ultime accumulation d’énergie suivie d’un dernier climax expressif, la musique semble peu à peu s’éteindre pour devenir onirique et magique, comme si les spectres de ces extraordinaires héroïnes d’opéra s’évaporaient dans le lointain. L’œuvre se conclut sur le thème de la Walkyrie s’élevant vers l’infini, comme pour symboliser leur immortalité retrouvée.

Les sorcières d’Opéra ont-elles été détruites ?

Non. Car « Personne ne meurt ».

Leurs combats font désormais partie de notre mémoire commune, tout autant que leurs magnifiques thèmes. Il est vain de tenter de les effacer : elles réapparaîtront, tôt ou tard, pour reformer cette chaîne inspiratrice qui s’étend par-delà le temps et l’espace.

« Remember me » …

En composant Burn The Witch, j’ai souhaité rendre hommage aux grandes héroïnes d’opéras qui ont marqué mon parcours de musicien, ainsi qu’à toutes les héroïnes passées, présentes et futures qui œuvrent pour un monde plus juste.

Fabien WAKSMAN

Décors réalisés par Audrey KISKANU

Décor réalisé par Audrey KISKANU pour Burn the Witch
Décor réalisé par Audrey KISKANU pour Burn the Witch

Niveau

Difficile

Création

Œuvre commandée par l’Orchestre d’Harmonie de la Région Centre, sous la direction de Gildas HARNOIS, créée le 31 octobre 2025 à La Ferté-Saint-Aubin (45) avec deux danseuses hip-hop dans une chorégraphie très inspirée de Simon DIMOURO (Compagnie Entité), décors d’Audrey KISKANU.

Chorégraphie Danse : Compagnie ENTITE – Simon DIMOURO
Décors : Audrey KISKANU

Partition

Titre : Burn the Witch
Durée : 15’ env.
Éditeur : Les Éditions Musicales Billaudot
Site : https://www.billaudot.com/burn-the-witch-3.html

Couverture de la partition Burn the Witch de Fabien WAKSMAN

Orchestre d’Harmonie de la Région Centre lors de l’enregistrement de Burn the Witch
15 novembre 2025, l’Orchestre d’Harmonie de la Région Centre, sous la direction de Gildas HARNOIS lors de l’enregistrement de Burn the Witch au Centre Culturel La Passerelle de Fleury-Les-Aubrais / Loiret (© OHRC)

Vidéo de la création


La présentation de Burn the Witch par le compositeur 

Affiche de la tournée Automne 2025