Parks – Benjamin PARIS
PARKS BENJAMIN PARIS
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POUR ORCHESTRE D’HARMONIE

Clarinettiste et pédagogue, chef d’orchestre et compositeur, Benjamin PARIS est originaire de Franche-Comté. Il a effectué ses études musicales au conservatoire de Besançon, où il a obtenu des prix en clarinette, musique de chambre et formation musicale. Il a ensuite complété sa formation au conservatoire de Poitiers en obtenant avec mention un prix en écriture et en composition. Titulaire du Diplôme d’état de professeur de formation musicale du pôle Aliénor de Poitiers, il est depuis 2020 professeur au Conservatoire à Rayonnement Régional de Grand Poitiers, où il enseigne également la composition et l’orchestre.
Depuis 2024, il est directeur musical de l’orchestre symphonique Sortilège, et co-dirige l’orchestre d’harmonie. Depuis février 2023, il a également pris la direction musicale l’Orchestre Symphonique de l’Université de Poitiers.
Développant un vif intérêt pour la composition, qu’il considère comme un moyen d’expression privilégié, il écrit régulièrement pour diverses formations, allant de pièces de musique de chambre jusqu’à l’orchestre symphonique.

Benjamin PARIS
Présentation de l’œuvre par le compositeur
Parks est une œuvre née d’un voyage aux États-Unis d’Amérique en avril 2024 avec mes deux grands amis, dans l’ouest Américain. La musique reflète les différentes impressions ressenties au sein des cinq parcs naturels les plus marquants de ce voyage : l’immensité du Grand Canyon, l’aventure entre les roches pourpres de Monument Valley, la curiosité des colonnes de pierre jaune de Bryce Canyon, l’impressionnante Vallée de la Mort et son coucher de soleil mémorable à Dante’s View, et enfin la grandeur des monolithes de la vallée de Yosemite, cachée au milieu d’une immense forêt.
Entre l’Arizona, l’Utah, le Nevada et la Californie, j’invite l’auditeur à nous rejoindre à bord de notre bon vieux Nissan Rogue pour revivre en musique ce voyage extraordinaire.
Présentation de l’œuvre par Guillaume COSSET
Créée en mars 2025 par l’Orchestre d’Harmonie Sortilège, Parks est la première pièce de Benjamin Paris écrite pour orchestre d’harmonie. Dans cette œuvre, le compositeur nous partage le récit d’un voyage américain et sa découverte de cinq parcs naturels de l’Ouest : Grand Canyon, Monument Valley, Bryce Canyon, la Vallée de la Mort et Yosemite. Ce sont ces parcs qui structurent la pièce, constituée de cinq mouvements ininterrompus faisant référence à chacun d’entre eux et illustrant musicalement les impressions et les images qui se sont présentées à notre compositeur.
L’introduction brillante et rapide sonne comme un appel au voyage, introduisant immédiatement l’un des leitmotivs qui créera par la suite du lien entre les différents mouvements. On trouve, en effet, un élément caractéristique issu du premier mouvement de la Symphonie N°9,en mi mineur, op. 95 dite «Du Nouveau Monde»(1893)d’Antonín Dvořák. Cette figure rythmique, noire pointée, deux croches, noire pointée, mais aussi mélodique, est énoncée dès les premières secondes de la pièce par les trombones et passe rapidement à travers les pupitres. Les premiers points de difficultés se présentent alors, notamment chez les bois qui seront régulièrement sollicités pour apporter de la texture. Il s’agira majoritairement d’arpèges dans cette introduction.
Après un long decrescendo et un ralenti, nous voilà déjà arrivés au premier parc, le Grand Canyon. Le thème principal de ce parc est issu de la mélodie introductive, d’abord énoncée dans un Andantecalme avec un choral de clarinettes, complété rapidement par quelques autres instruments. Le thème secondaire, qui suit, permet d’exposer un second leitmotivque l’on retrouvera à travers presque chacun des mouvements. Il s’agit cette fois de quartes rapides provenant de la musique du film Le Bon, la Brute et le Truand, qui sont jouées au vibraphone. Le premier thème sera ensuite développé, reprenant sa rythmique initiale énoncée dans l’introduction, menant vers un tutti forte puissant, avec des traits techniques aux piccolo, flûte 1et clarinette 1.
Une transition plus lente regroupant les deux leitmotivsnous mène ensuite au deuxième parc, Monument Valley. Ce dernier s’inspire du thème précédent dans un ternaire rapide et avec un mode plus particulier (mixolydien b6), dégageant une atmosphère très différente du premier mouvement. Les leitmotivs sont ici très présents, tant pour l’accompagnement que pour la mélodie. Après avoir fait entendre un hymne italien minorisé, vestige d’une anecdote de la découverte du Monument Valley, l’orchestration s’étend de plus en plus, allant jusqu’à une nuance fortissimo, climax de cette partie particulièrement dynamique. Le thème du film Forrest Gump énoncé au clavier fait ensuite office de transition vers le troisième parc.
Bryce Canyon nous plonge dans une atmosphère presque opposée, avec un calme retrouvé et un jeu de montées entre la harpe et le vibraphone sur la gamme Bartók, qui sera particulièrement utilisée dans ce mouvement. Le thème principal tourne autour des mêmes notes qui sont répétées plusieurs fois, jouant sur des accords de tierces en fin de motif. Il est proposé une première fois au saxophonealto pianoet seconclut sur des tierces majeures, puis, lorsqu’il est repris par le même instrument quelques mesures plus tard dans une longue cadence, s’achève par des tierces mineures. Ce thème est ensuite repris en tutti fortissimo accompagné d’envolées des bois aigus. Une descente sur une gamme par ton conclut ce mouvement.
Le quatrième parc, la Vallée de la Mort, est introduit par une référence au film Dune avec un solo de flûte. Également assez lente, cette partie se démarque par un nouveau mode proposé : une gamme byzantine à la couleur orientale, qui nous plonge dans un climat particulier. La clarinette basse solo formule le thème principal de la partie, puis le leitmotiv en quartes au vibraphone nous mène au thème secondaire joué à la flûte solo. Se dévoile ensuite un tutticombinant les deux thèmes du mouvement et aboutissant sur un climax profond et particulièrement intense. Après un dernier énoncé du thème et du leitmotiv, la route se poursuit en direction du dernier parc, celui de Yosemite.
Nous repassons alors sur un rythme ternaire rapide qui présente quelques points de difficulté, avec des relais courts aux saxophones alto qui doivent s’enchaîner parfaitement entre les parties. Le thème vif énoncé aux bois aigus sur un rythme noire croche, travaillé de nouveau autour de la gamme Bartók nous tient en haleine. Il est rapidement repris par le reste de l’orchestre avant un decrescendo qui nous amène au thème secondaire joué deux fois au piccolo et à la clarinette 1, auquel répondent les cuivres. Les trompettes complètent le thème dans un crescendo de tutti qui se calme rapidement. Après plusieurs tentatives de redémarrages interrompus aux gros cuivres, les cors reprennent la marche en avant, ponctuée du thème du parc, nous entraînant vers une nouvelle rythmique, puis sur des noires accentuées qui terminent ce mouvement.
Le grand final se passe en deux temps. Tout d’abord, dans un tempo lento, l’intégralité des thèmes principaux et des leitmotivs sont repris par différents pupitres, souvent superposés sur une minute de musique. Puis nous voilà embarqué dans un dernier élan avec un Allegro en 12/8 où les deux leitmotivs sont mis en avant, notamment le thème de la Symphonie du Nouveau Monde, pour finir sur un fortissimo d’ensemble sec qui conclut cette pièce.
La patte de Benjamin Paris, mêlant les couleurs et références de la musique de film au caractère et au timbre de l’orchestre d’harmonie, promet tant au musicien qu’à l’auditeur d’être transporté dans un voyage grandiose. Les cinq mouvements sont identifiables grâce à des caractéristiques facilement perceptibles, comme le tempo, la métrique, mais également l’utilisation de modes particuliers qui donnent à chaque parc une ambiance et une atmosphère qui le distingue des autres. Le jeu mis en place avec le musicien et le public consistant à retrouver les différentes références, parfois à peine cachées et données plusieurs fois, donne une trame générale qui oblige à l’attention. La nomenclature instrumentale est assez standard, mais l’écriture et l’orchestration ne permettent pas beaucoup de carences au sein des pupitres, chaque partie trouvant dans cette pièce un thème ou un accompagnement quasi-soliste, ce qui fait ressortir le timbre pur des instruments.
Si cette œuvre peut certes sembler difficile d’accès d’un point de vue technique, notamment pour les bois, la richesse de Park sen fait une pièce d’un intérêt certain à retrouver sur les pupitres.
Guillaume COSSET
Saxophoniste
Musicologue
Professeur de musique en collège
Niveau
Difficile
Création
Commande de l’Orchestre d’harmonie Sortilège, créée le 22 mars 2025 à Chasseneuil-du-Poitou (86) sous la direction du compositeur.
Partition
Titre : Parks
Durée : 19’04 »
Non édité : Contacter le compositeur
Site de Benjamin Paris : https://benjamintparis.wixsite.com/benjamin-paris
Contact : benjamin.t.paris@gmail.com
Maquette audio générée par NotePerformer 3
La création par l’Orchestre d’harmonie Sortilège à Saint-Maixent-l’École (79) le 23 mars 2025 :
Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’orchestre d’harmonie Sortilège
https://www.associationsortilege.com/harmonie.html


Photos-souvenirs des “Parks” visités par Benjamin PARIS en 2024
© Benjamin Paris