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Ida GOTKOVSKY

Ida GOTKOVSKY

Ida Gotkovsky, la Dame des vents

Le 21 octobre 2023, l’AFEEV organisait en partenariat avec le CRR de Paris une journée d’étude consacrée à l’œuvre pour vents d’Ida Gotkovsky en son hommage et à l’occasion de son 90e anniversaire. A la suite de cet évènement, nous publions son portrait en quatre parties afin de vous permettre de (re)découvrir la Dame des vents ainsi que ses œuvres.

Ida Gotkovsky (née en 1933)

Ida Gotkovsky est issue d’une famille de musiciens ; son père a émigré de Russie (Odessa aujourd’hui en Ukraine) en 1905 et a travaillé comme violoniste professionnel à Paris où il rencontre sa mère qui joue du piano. Ida est admise au Conservatoire de Paris en 1943, à l’âge de 10 ans. Lorsqu’elle quitte le Conservatoire en 1957, elle a remporté tous les premiers prix d’écriture (harmonie, contrepoint et fugue) et de composition. Ses professeurs les plus influents furent Olivier Messiaen et Nadia Boulanger.

Son palmarès comprend le Prix Blumenthal (1958), le Prix Pasdeloup (1959), le Prix de Composition Internationale de Divonne les Bains (1961), la Médaille de la Ville de Paris (1963), et surtout le Prix Lily Boulanger (1967).

Pendant ses années les plus prolifiques, Ida Gotkovsky a été surnommée « l’ambassadrice de la musique française ». Elle a fait de nombreuses tournées avec sa musique en Espagne, en URSS, aux États-Unis et aux Pays-Bas. Elle a également enseigné à l’Université de North Texas en 1978 et à la Michigan State University en 1983, où elle a travaillé en étroite collaboration avec Frederick Fennell en tant qu’artiste en résidence. Ida Gotkovsky revient au Conservatoire de Paris en tant que professeur, poste qu’elle occupe jusqu’à sa retraite en 1998.

Ida Gotkovsky a contribué à un certain nombre d’œuvres au répertoire de divers instruments par le biais du concours annuel du Conservatoire de Paris. Outre les pièces qu’elle a écrites pour la trompette, elle a également écrit de nombreuses autres œuvres solistes notables pour instruments à vent, telles que Concerto pour saxophone alto et orchestre (1966), Variations pathétiques pour saxophone alto et piano (1980), Concerto pour trombone et piano (1978), et Concerto pour cor et piano (1984). Ses œuvres pour saxophone font aujourd’hui partie du répertoire standard.

 

Selon ses propres termes, Gotkovsky s’est efforcée de « créer une œuvre d’art qui soit universelle et qui, grâce à l’utilisation d’un langage moderne strict, aide à créer une unité dans l’expression musicale de tous les temps ».

 

Bien qu’elle ait acquis une réputation de compositrice, les journalistes ont souvent noté ses qualités féminines et leur contraste avec sa musique. Décrite comme une « petite femme qui sait être une épouse, une mère, une femme au foyer et une artiste de haut niveau » Gotkovsky a enduré l’effet des critiques sexistes tout au long de sa vie.

Ida Gotkovsky est surtout connue pour ses œuvres pour orchestre d’harmonie. S’appuyant sur les ressources de nombreuses universités du monde entier disposant d’orchestres d’harmonie de haut niveau que l’on retrouve les mouvements fédéraux et associatifs particuliers aux ensembles à vent (WASBE – CMF) ou les formations musicales institutionnelles professionnelles, elle a écrit de nombreuses œuvres souvent interprétées, notamment Poème du feu (1978), le Concerto pour grand orchestre d’harmonie (1984) et les Danses rituelles (1988). Gotkovsky a déclaré un jour : « Dans l’orchestre symphonique, la présence des cordes permet une sonorité et une écriture particulières, tandis que l’orchestre de concert exige une recherche de timbres et un mélange très spécifique [de tonalités] ». Son travail dans ce genre a été encouragée par Désiré Dondeyne, alors chef de la Musique des Gardiens de la Paix de Paris qui lui a démontré que l’orchestre d’harmonie pouvait être un moyen musical sérieux. Il est certain que l’écriture pour l’écriture de pièces pour les concours du Conservatoire est liée à son habileté à manier une variété d’instruments à vent.

Bien que certains aspects de la musique de Gotkovsky aient changé au cours de sa carrière, d’autres sont restés stables. La plupart de ses premières œuvres portent des titres génériques « classiques » tels que Suite pour dix instruments (1956), Symphonie pour orchestre d’harmonie (1965) et Concerto pour grand orchestre d’harmonie (1984), tandis que nombre de ses œuvres ultérieures portent des titres plus programmatiques, comme Songe d’une nuit d’hiver (2010), Couleurs en musiques (1992) et Jeanne d’Arc (2012).

Des éléments de symbolisme païen, chrétien et rituel sont également au cœur de bon nombre de ses œuvres. Avant tout, Ida Gotkovsky a déclaré qu’elle voulait « créer un art musical universel et réaliser l’unité de l’expression musicale à travers les âges au moyen d’un langage musical contemporain aux structures puissantes ». Elle a également souvent incorporé des chants folkloriques (inspirés notamment par ses lointaines origines russes) et le plain-chant comme source d’inspiration mélodique dans ses œuvres. Son utilisation de l’harmonie n’est cependant pas fonctionnelle, laissant au compositeur la liberté d’explorer d’autres éléments expressifs tels que le rythme, la couleur tonale et le volume.